Le Drive tout nu, c’est le premier drive zéro déchet au monde : on commande en ligne, on récupère ses courses dans des bocaux en verre et des sacs en tissu fournis par le magasin, et on les rapporte à la commande suivante. Né à Beauzelle, dans la banlieue toulousaine, en décembre 2018, le concept a beaucoup changé d’échelle depuis. Voici où en est l’enseigne en 2026, comment ça marche concrètement, et la réponse à la question que tout le monde tape dans Google : non, il n’y a pas de franchise.
Où trouver Le Drive tout nu en 2026
Le maillage s’est concentré sur deux métropoles, plus un réseau de corners en grande distribution :
- Quatre drives : Toulouse-Beauzelle (le tout premier), Toulouse Balma-Gramont, Toulouse-Montaudran et Bordeaux-Mérignac.
- Deux supermarchés « Le Super tout nu » : le premier à Labège (380 La Tolosane, 31670), ouvert en mars 2024 — plus de 400 m², environ 2 000 références, avec une boulangerie-snacking bio et un rayon boucherie-fromagerie ; le second à Marquette-lez-Lille (59), ouvert le 6 novembre 2025 — 200 m² et près de 3 000 références, installé à la suite du drive qui existait déjà sur place. Ce sont les deux seuls points de vente où l’on fait ses courses en rayon.
- La livraison à domicile sur Toulouse (jusqu’à 25 km autour de la ville, 7,90 €, offerte dès 150 € d’achat) et sur Bordeaux.
- Une quinzaine de points relais à Toulouse et Bordeaux, dont plusieurs en entreprise (Airbus Defence & Space, Thales, DGAC) réservés aux salariés du site.
- Les « Corners tout nu » : une sélection de produits en vrac installée dans une trentaine de magasins Carrefour, Intermarché, Netto et E.Leclerc — en Occitanie, mais aussi en Bretagne (Rennes, Vannes, Quimper, Saint-Malo) et en Île-de-France.
Trois bassins, donc — Toulouse, Bordeaux et les Hauts-de-France — plus un réseau de corners qui déborde largement, jusqu’en Bretagne et en Île-de-France. Et ce n’est pas un point d’arrivée : l’enseigne a annoncé en juin 2025 vouloir ouvrir 25 drives et supermarchés supplémentaires d’ici 2027. Le détail juste en dessous.
Comment ça marche : la consigne, pas le bocal qu’on apporte
C’est la vraie différence avec une épicerie vrac classique, et c’est ce qui rend le concept accessible aux gens qui n’ont ni le temps ni l’organisation pour trimballer leurs contenants.
- Vous commandez en ligne, sans rien préparer.
- Votre commande est préparée dans des bocaux en verre et des sacs en tissu fournis, consignés.
- Vous les rapportez à la commande suivante et la consigne vous est recréditée en avoir.
- Les bocaux sont lavés et réemployés sur place — c’est du réemploi, pas du recyclage.

Côté assortiment, on trouve l’alimentaire (sec, frais, fruits et légumes), l’hygiène, l’entretien de la maison et même les croquettes pour animaux. L’enseigne annonce une majorité de produits fabriqués ou transformés dans un rayon de 100 km et privilégie les fournisseurs capables de livrer en vrac dans des contenants réutilisés.
Peut-on ouvrir un Drive tout nu en franchise ?
C’est de loin la question la plus posée sur l’enseigne, et beaucoup d’articles — dont notre propre version précédente, il faut le reconnaître — ont écrit un peu vite que Le Drive tout nu s’était « développé sous forme de franchise ». Ce n’est pas le cas. En septembre 2026, l’entreprise ne présente aucune offre de franchise : pas de page candidature, pas de droit d’entrée, pas de dossier franchisé.
Le modèle réel est un mélange de trois choses : des drives et un supermarché exploités en propre, des points relais partenaires (souvent des entreprises qui hébergent un point de retrait pour leurs salariés), et des corners installés dans des magasins d’enseignes tierces. Si vous êtes commerçant ou responsable d’un magasin, c’est cette troisième voie — le corner — qui correspond à ce que la plupart des gens cherchent en tapant « franchise Drive tout nu ». Le contact se fait directement auprès de l’entreprise.
Où en est la croissance de l’enseigne
L’histoire commence en juin 2017 avec Pierre et Salomé Géraud — lui ingénieur agricole formé à Purpan. Tous deux quittent leur CDI après avoir été sélectionnés pour le parcours entrepreneur de Ticket for Change, et le premier drive ouvre à Beauzelle en décembre 2018.
Sept ans plus tard, l’entreprise est en phase d’accélération, pas de repli. Les repères chiffrés, tous publics :
- Mars 2024 — ouverture du Super tout nu de Labège, premier supermarché sans emballages de France.
- Premier trimestre 2024 — levée de 1,3 M€, dont une partie souscrite par les clients eux-mêmes : 619 contributeurs pour plus d’un million d’euros.
- 2024 — chiffre d’affaires de 3,1 M€, 60 salariés.
- 24 juin 2025 — cinquième levée de fonds, 7 M€ bouclés en huit mois. La banque d’affaires Neumann, le fonds Swen Blue Ocean 2 et BNP Paribas entrent au capital, aux côtés de la fondation Daniel et Nina Carasso, France Active, One Creation, Makesense Seed I, Colam Impact et MAIF Impact, qui remettent au pot.
- 6 novembre 2025 — deuxième Super tout nu, à Marquette-lez-Lille.
- D’ici 2027 — objectif annoncé de 25 nouveaux drives et supermarchés en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne, Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, plus l’industrialisation de la filière consigne.
L’ambition est assumée telle quelle par les fondateurs : « construire un réseau de magasins équivalent à ce qu’est Biocoop aujourd’hui ». Avec 3,1 M€ de chiffre d’affaires en 2024 et un objectif de croissance de 100 % pour 2026, on mesure l’écart qui reste à combler — mais aussi pourquoi le sujet de la consigne industrialisée revient dans chaque communiqué : c’est le verrou technique du modèle.
Avant cela, deux tours plus modestes avaient financé le passage à l’échelle : 500 000 € pour lancer le concept au-delà de Beauzelle, puis 5 millions d’euros pour sortir de Toulouse. Entre-temps, les fondateurs sont passés par « Qui veut être mon associé ? » sur M6 pour y présenter Le Super tout nu.
La société est une SAS immatriculée à Toulouse depuis novembre 2018, labellisée ESS (économie sociale et solidaire), et l’enseigne revendique une note de 4,9/5 auprès de 12 000 clients.

Anti-gaspi : ce qui est réellement mis en place
- Des réductions sur les produits dont la date approche, plutôt que la mise au rebut.
- Des dates de consommation prolongées quand la durée de conservation réelle du produit le permet.
- Des fruits et légumes hors calibre, écartés par la grande distribution pour leur allure mais parfaitement bons.
- Le vrac lui-même, qui permet d’acheter la quantité exacte dont on a besoin — sans doute le levier anti-gaspi le plus efficace du concept.
Notre avis
Le drive zéro déchet lève le principal obstacle du vrac : l’organisation. Pas de bocaux à préparer, pas de tare à faire peser, pas de sacs oubliés dans le coffre. En contrepartie, il faut aller chercher sa commande en périphérie, ce qui suppose une voiture — sauf à passer par la livraison ou un corner en magasin, qui restent les options les plus simples pour la plupart des gens.
À Toulouse, ce n’est pas la seule façon de réduire ses emballages : nous avons comparé les autres solutions dans notre guide des produits ménagers en vrac, et il existe aussi La Chouette Coop, supermarché coopératif en plein Toulouse, ou Essentiel, l’épicerie éco-locale, pour un modèle très différent.
Sources
Levée de fonds de 7 M€, chiffre d’affaires 2024 et plan d’ouvertures : La Gazette du Midi, 27 juin 2025. Ouverture du second Super tout nu à Marquette-lez-Lille : Linéaires, 6 novembre 2025. Points de vente, corners et historique : site officiel de l’enseigne. Statut de la société : Annuaire des entreprises (SIREN 844 120 212). Article vérifié en septembre 2026.


