La salle de bain est, avec la cuisine, la pièce qui produit le plus de déchets dans un foyer. Cotons-tiges, rasoirs jetables, flacons de gel douche, brosses à dents en plastique, protections hygiéniques… chaque produit jetable laissé derrière soi finit dans la poubelle, et la facture s’accumule au fil des mois.
Pas besoin de tout changer d’un coup. Voici 6 alternatives faciles à mettre en place progressivement, qui couvrent l’essentiel des déchets de la salle de bain et qui se rentabilisent en quelques mois.
- Par où commencer : remplacer les produits jetables au moment où ils s’épuisent, pas avant.
- Les 3 plus rentables : le savon solide, l’oriculli, les cotons lavables.
- Budget total : 50 à 130 € pour s’équiper complètement.
- Retour sur investissement : en moyenne 3 à 6 mois.
Pourquoi commencer par la salle de bain
La salle de bain est l’un des terrains les plus simples pour démarrer une démarche zéro déchet : les produits jetables y sont nombreux, ils ont presque tous une alternative durable bien identifiée, et les changements n’impactent pas l’organisation du foyer (contrairement à la cuisine, où les habitudes de courses doivent suivre).
Autre avantage : la plupart des alternatives sont multi-usages et durent plusieurs années, ce qui les rend rapidement plus économiques que leurs équivalents jetables.
1. Le savon solide
Le savon solide est l’alternative la plus évidente au gel douche. Choisi correctement, il est sans emballage, sans tensioactifs agressifs, et dure deux à trois fois plus longtemps qu’un flacon de gel douche équivalent.
Pour la toilette, deux options selon le type de peau :
- Peau normale : le savon de Marseille traditionnel (à l’huile d’olive, sans glycérine ajoutée) est un choix solide et très économique.
- Peau sèche ou sensible : un savon saponifié à froid sera plus doux, grâce à la glycérine naturellement présente après saponification.
Pour aller plus loin, voir les 6 avantages du savon solide.
Coût : 3 à 8 € le savon (saponifié à froid), 1 à 3 € les 100 g de savon de Marseille. Durée d’utilisation : 1 à 3 mois.

2. La brosse à dents biodégradable
Les brosses à dents en plastique sont changées 3 à 4 fois par an, par personne. Sur la durée, c’est l’un des déchets les plus volumineux d’une salle de bain.
L’alternative la plus répandue : la brosse à dents en bambou. L’usage est strictement identique, et le manche se composte une fois en fin de vie (après avoir retiré les poils, qui sont en nylon).
Variante encore plus durable : les brosses à tête amovible. Le manche reste, on ne change que la tête — ce qui réduit encore les déchets et le coût sur le long terme.
Coût : 3 à 5 € la brosse en bambou, 12 à 18 € le kit brosse + 4 têtes amovibles. Durée de vie d’une tête : 3 mois (recommandation dentaire).
3. Les cotons lavables
Les disques démaquillants jetables sont l’un des déchets les plus fréquents dans la salle de bain : entre 3 et 5 cotons par jour pour quelqu’un qui se démaquille, soit plus de 1 000 disques jetés par an.
Les cotons lavables (en bambou, coton bio, eucalyptus ou microfibre) s’utilisent exactement de la même façon. Ils passent en machine dans un petit filet à linge, et durent 2 à 3 ans avec un usage quotidien.
Astuce : associer ces cotons avec une huile végétale (coco, olive, amande douce) plutôt qu’avec une eau micellaire industrielle — le combo est nettement plus économique.
Coût : 10 à 20 € le lot de 10 cotons. Durée de vie : 2 à 3 ans.
4. L’oriculli pour les oreilles
Les cotons-tiges plastiques sont interdits en France depuis 2020. Au-delà de l’aspect réglementaire, ils étaient surtout une grosse source de pollution maritime, retrouvée systématiquement dans les nettoyages de plages.
L’oriculli est un cure-oreille en bois ou en bambou, inspiré d’un objet japonais. Réutilisable à l’infini (durée de vie : 5 à 10 ans), il se désinfecte simplement à l’eau et au savon entre les utilisations.
Côté santé, les ORL recommandent globalement de limiter le nettoyage en profondeur du conduit auditif — l’oriculli, qui retire le cérumen à l’entrée plutôt que de le pousser vers le tympan, est considéré comme moins agressif que le coton-tige classique.
Coût : 3 à 6 €. Durée de vie : 5 ans et plus.
5. Le rasoir de sûreté
Le rasoir jetable (ou à têtes jetables, type Mach3) est un gros poste de déchets, et son coût cumulé sur la durée est très élevé — 30 à 60 € par an pour quelqu’un qui se rase régulièrement.
Le rasoir de sûreté (ou « safety razor ») est un rasoir métallique à lame double bord interchangeable. Investissement de départ plus élevé, mais les lames de remplacement coûtent moins de 10 centimes l’unité.
Bien utilisé, il offre un rasage de précision avec moins de poils incarnés qu’un rasoir multi-lames classique. Il faut juste accepter une légère courbe d’apprentissage les premières semaines (angle d’attaque, pression).
Coût : 25 à 60 € le rasoir, 5 à 10 € le pack de 100 lames (soit 1 à 2 ans d’utilisation).

6. Les protections menstruelles réutilisables
Les tampons et serviettes jetables représentent en moyenne 150 kg de déchets sur la durée de vie d’une personne menstruée. C’est l’un des plus gros postes de déchets de salle de bain.
Plusieurs alternatives réutilisables existent :
- La culotte menstruelle : protection intégrée, lavable en machine, durée de vie de 5 ans environ. Plusieurs niveaux d’absorption selon le flux.
- La cup menstruelle : en silicone médical, plus discrète, durée de vie 5 à 10 ans. Demande un peu d’apprentissage la première fois.
- Les serviettes lavables : alternative simple aux serviettes jetables, en coton ou bambou.
Au-delà du gain écologique, ces alternatives éliminent les risques de choc toxique liés aux tampons classiques et réduisent significativement le budget hygiène sur le long terme.
Coût : 25 à 40 € la culotte menstruelle, 15 à 30 € la cup, 5 à 12 € la serviette lavable.
Le budget de départ
| Alternative | Coût initial | Durée d’utilisation |
|---|---|---|
| Savon solide | 5 € | 2 mois |
| Brosse à dents bambou (lot de 4) | 15 € | 1 an |
| Cotons lavables (lot de 10) | 15 € | 2 à 3 ans |
| Oriculli | 5 € | 5 ans et + |
| Rasoir de sûreté + lames | 40 € | 5 ans et + |
| Culotte menstruelle (3) | 90 € | 5 ans |
| Total | 50 à 130 € | — |
Comparé aux dépenses annuelles en équivalents jetables (gel douche, brosses, cotons, cotons-tiges, rasoirs, protections), l’équipement complet se rentabilise généralement entre 3 et 6 mois.
Pour aller plus loin
- Démarrer plus largement : zéro déchet en appartement, 8 astuces faciles quand on emménage.
- Comprendre les économies du vrac : le vrac est-il vraiment moins cher ?
- S’organiser pour les produits ménagers en vrac : le guide pour passer au vrac sur l’entretien et l’hygiène.
Questions fréquentes
Par où commencer pour passer sa salle de bain au zéro déchet ?
Les trois changements les plus simples et les plus rentables sont le savon solide, l’oriculli et les cotons lavables. Ces trois alternatives réduisent déjà plus de 70 % des déchets quotidiens d’une salle de bain, pour un coût initial inférieur à 30 €.
Combien coûte une salle de bain zéro déchet ?
Entre 50 et 130 € pour s’équiper complètement avec les 6 alternatives présentées. Pas besoin de tout acheter d’un coup : on peut remplacer chaque produit jetable au moment où il s’épuise. Le retour sur investissement se fait en 3 à 6 mois.
Le savon solide est-il vraiment plus économique que le gel douche ?
Oui, nettement. Un savon solide de 100 g remplace en moyenne un flacon de gel douche de 250 ml, pour un prix souvent comparable ou inférieur. À quantité lavée équivalente, l’économie est de l’ordre de 40 à 60 % sur l’année.
Les protections menstruelles réutilisables sont-elles hygiéniques ?
Oui, à condition de respecter les recommandations d’entretien (lavage à 30 ou 40°C, séchage à l’air libre pour les culottes ; stérilisation entre cycles pour la cup). Elles sont même considérées comme plus sûres que les tampons classiques au regard du syndrome du choc toxique.
Comment faire dans une petite salle de bain avec peu de rangement ?
La plupart des alternatives zéro déchet prennent en réalité moins de place que les jetables. Un savon solide remplace un flacon volumineux, un oriculli tient dans une trousse, un rasoir de sûreté ne prend pas plus de place qu’un rasoir classique. Le seul élément encombrant est la réserve de cotons lavables — une dizaine suffit largement.



