Synthèse de sources publiques : données, réglementation et ordres de grandeur vérifiables. Ni test personnel, ni recommandation commerciale. Mise à jour en septembre 2026.
Le transport est le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre en France, et le seul secteur dont les émissions ont augmenté depuis 1990. Mais l’essentiel du sujet ne tient pas dans ce constat : il tient dans les écarts entre modes, qui sont beaucoup plus larges qu’on ne l’imagine.
Voici les chiffres officiels à jour, et surtout ce qu’ils changent concrètement quand on choisit comment se déplacer.
Quelle est la part des transports dans les émissions ?
En France, en 2023, le secteur des transports représente 34 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 126,8 millions de tonnes de CO₂ équivalent. C’est le premier secteur émetteur du pays, devant le bâtiment, l’agriculture et l’industrie.
Et un chiffre en dit plus que tous les autres : depuis 1990, les émissions nationales ont baissé de 31 %, tandis que celles des transports ont augmenté de 3 %. C’est le seul secteur dans ce cas.
Pourquoi les progrès techniques n’ont rien changé
C’est le point le plus intéressant, et il est presque toujours passé sous silence. Les moteurs ont réellement progressé : les émissions de CO₂ par kilomètre parcouru ont baissé de 24 % sur la période.
Ce gain a été intégralement annulé par trois évolutions simultanées : on roule davantage, les véhicules se sont alourdis, et le parc a vieilli. Un moteur 24 % plus sobre installé dans une voiture plus lourde qui parcourt plus de kilomètres ne réduit rien du tout.
C’est la démonstration la plus nette qui soit de l’effet rebond, et elle explique pourquoi attendre la solution technique est une mauvaise stratégie.
Qui émet quoi, à l’intérieur du secteur
La répartition est très concentrée. Le transport routier représente 94 % des émissions du secteur, le reste se partageant entre l’aérien, le maritime et le fluvial.
| Part dans les émissions du secteur transport | |
|---|---|
| Voitures particulières | 53 % |
| Poids lourds | 22 % |
| Véhicules utilitaires légers | 16 % |
| Aérien, maritime et fluvial | 6 % |
Deux enseignements pratiques. D’abord, la voiture particulière pèse à elle seule plus que tout le fret routier, poids lourds et utilitaires réunis. Ensuite, le transport de marchandises par la route représente tout de même 38 % du total, ce qui en fait un enjeu réel, même s’il ne dépend pas directement de vos choix quotidiens.

L’écart entre modes : bien plus large qu’on ne croit
C’est ici que le sujet devient utile. Les données de l’ADEME donnent l’empreinte par kilomètre et par personne :
| Mode | CO₂e par km et par personne |
|---|---|
| Marche, vélo mécanique | 0 g |
| TGV | 2,93 g |
| Métro | quelques grammes |
| Autocar | 37,6 g |
| Voiture thermique | environ 143 g |
L’ADEME résume elle-même l’écart d’une façon qui frappe : 1 kilomètre en voiture thermique équivaut à environ 49 kilomètres en TGV.
Autrement dit, un Toulouse-Paris en train pèse à peu près autant qu’une quinzaine de kilomètres en voiture. Le trajet domicile-travail de la semaine, pas le voyage.
On mesure là pourquoi les petits gestes sur la conduite ne rivalisent jamais avec le changement de mode. Mieux gonfler ses pneus ou lever le pied fait gagner quelques pourcents. Prendre le train à la place fait gagner un facteur cinquante.
Le cas particulier de l’avion
L’avion se juge mal au gramme par kilomètre, parce que ce n’est pas là que se joue son impact. Son effet vient de la distance qu’il rend possible : un aller-retour long-courrier représente à lui seul plusieurs milliers de kilomètres que personne n’aurait parcourus autrement. Un seul voyage de ce type peut dépasser une année entière de trajets quotidiens.
C’est pour cette raison qu’un arbitrage sur les vacances pèse souvent plus lourd que tous les efforts de l’année sur le reste.
Et le covoiturage ?
Il ne change pas la voiture, il change le diviseur. Les émissions du trajet restent les mêmes, mais elles se répartissent entre les occupants : à quatre, chacun se retrouve autour de 36 g par kilomètre, soit le niveau d’un autocar. C’est le seul moyen de faire passer une voiture dans la catégorie des transports collectifs, sans rien acheter.
Ce qui réduit réellement, dans l’ordre
Puisque les écarts entre modes se comptent en facteurs et non en pourcentages, la hiérarchie des actions en découle directement.
- Supprimer le trajet. Télétravail, achats groupés, service de proximité. Un kilomètre non parcouru est le seul à zéro gramme garanti.
- Changer de mode sur les trajets courts. C’est là que le gisement est le plus gros, parce que la majorité des déplacements quotidiens sont courts et se font pourtant en voiture. Le vélo, y compris électrique, y est imbattable.
- Prendre le train sur la longue distance. Facteur cinquante par rapport à la voiture. Aucune autre décision de mobilité n’a cet effet.
- Remplir la voiture quand elle reste nécessaire. Diviser par quatre le nombre de trajets, c’est diviser par quatre les émissions par personne.
- Arbitrer les longs voyages. Moins souvent, plus longtemps, moins loin.
- Optimiser la conduite, en dernier. Utile, mais de l’ordre de quelques pourcents.
Pour combiner train, autocar et correspondances sur un même trajet, des plateformes intermodales comme le voyage en bus et en train permettent de traverser la France et l’Europe sans avion ni voiture.
Sur le poste voiture, on a chiffré ce qu’elle coûte réellement, entretien, assurance et dépréciation compris, dans notre article sur la conduite écologique. Et si le vélo à assistance électrique vous tente pour les trajets du quotidien, on a fait le point sur le vélo électrique.
Ce qu’il faut retenir
- Les transports pèsent 34 % des émissions françaises et sont le premier secteur émetteur.
- C’est le seul secteur en hausse depuis 1990, malgré des moteurs 24 % plus sobres : le gain a été mangé par le trafic, le poids des véhicules et le vieillissement du parc.
- La voiture particulière représente 53 % des émissions du secteur, plus que tout le fret routier réuni.
- 1 km en voiture thermique équivaut à environ 49 km en TGV. L’écart se compte en facteurs, pas en pourcentages.
- Changer de mode bat toujours l’optimisation du mode existant.
Sources
- Notre-environnement.gouv.fr, émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports : 34 % des émissions françaises en 2023, 126,8 Mt CO₂ eq, répartition interne, évolution depuis 1990 et effet rebond.
- ADEME, Impact CO₂, données transport (Base Empreinte) : 2,93 g CO₂e par km et par personne en TGV, 37,6 g en autocar, équivalence 1 km en voiture pour 49 km en TGV.
- SDES, chiffres clés des transports.


