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Bois composite : composition, fabrication, défauts réels et prix

Repères

Page documentaire, sans test personnel ni recommandation commerciale. Mise à jour en septembre 2026.

Bois composite, bois synthétique, bois polymère, WPC : quatre noms pour la même chose, et un mot de trop dans chacun. Ce n’est pas du bois. C’est un matériau mi-fibre de bois, mi-plastique, extrudé en lames. Il a de vraies qualités, quelques défauts que les pages produits ne mentionnent jamais, et un bilan écologique qui dépend entièrement de ce à quoi on le compare. Voici de quoi décider en connaissance de cause.

De quoi c’est fait, exactement

Une lame de bois composite contient, en gros :

  • Environ 50 % de fibre de bois, sous forme de farine très fine, issue de sciures et de copeaux de scierie — donc un coproduit, pas un arbre abattu pour l’occasion.
  • Environ 50 % de polymère, le plus souvent du polyéthylène (PE) ou du polypropylène (PP), majoritairement recyclé chez les fabricants sérieux : bouteilles, films, emballages.
  • Quelques pour cent d’additifs : agents de couplage qui font tenir le bois et le plastique ensemble, pigments, stabilisants anti-UV, parfois un antifongique.

La matière première est donc très largement issue de matières recyclées ou de coproduits. C’est le principal argument écologique du composite, et il est réel — à condition de le lire pour ce qu’il est : il porte sur l’entrée du cycle de vie, pas sur la sortie. Nous y revenons plus bas.

composition d'une lame de bois composite

Comment c’est fabriqué : monoextrusion et coextrusion

Le procédé est celui de l’extrusion : la farine de bois séchée, le polymère fondu et les additifs sont mélangés puis poussés à travers une filière qui donne à la lame son profil. À la sortie, on refroidit, on calibre, on coupe. C’est un procédé continu, proche de celui des profilés PVC.

Toute la différence de qualité tient à une évolution apparue au début des années 2000, la coextrusion : deux matières sont extrudées simultanément, le cœur composite classique et une gaine extérieure de polymère sans fibre de bois qui l’enveloppe.

Monoextrudé (1re génération)Coextrudé (2e génération)
StructureMatière homogène, fibre de bois affleuranteCœur composite + gaine polymère protectrice
TachesSensible (gras, vin, feuilles mouillées)Très résistant
Décoloration UVÉclaircissement la première annéeCouleur stable
PrixEntrée de gammeHaut de gamme

Autre distinction utile au moment d’acheter : les lames alvéolaires, creusées de cavités, sont plus légères et moins chères ; les lames pleines sont plus lourdes, plus résistantes et supportent mieux les grandes portées et les charges.

Pour l’anecdote, le matériau n’est pas nouveau : il a été mis au point au Japon dans les années 1970 par Nishibori Sadao, un négociant en bois exotiques marqué par ce qu’il avait vu de la déforestation en Indonésie. Il ne s’est diffusé en France qu’à partir des années 2000, et n’est vraiment devenu courant que depuis 2010.

Ce que le composite fait mieux que le bois

  • Aucun entretien annuel. Pas de lasure, pas de saturateur, pas de dégrisant. Un rinçage et un brossage par an suffisent.
  • Pas d’écharde — l’argument qui emporte souvent la décision quand il y a des enfants pieds nus.
  • Pas de grisaillement : un bois non traité vire au gris argenté en deux ans, un composite coextrudé garde sa teinte.
  • Insensible aux insectes et à la pourriture, sans traitement chimique.
  • Pose propre : les lames s’emboîtent sur des clips, les fixations sont invisibles.
  • Durée de vie annoncée de 20 à 30 ans selon les gammes et les garanties fabricants.

Les quatre défauts que les pages produits ne mentionnent pas

C’est la partie qu’on ne lit nulle part, et c’est pourtant elle qui fait les terrasses ratées.

  1. La dilatation. Le composite bouge beaucoup plus qu’un bois avec la température — il s’allonge en été et se rétracte en hiver. Il faut respecter scrupuleusement les jeux de dilatation en bout de lame indiqués par le fabricant. Une terrasse posée jointive au mur tuile, se déchausse ou fait des vagues au premier été. C’est la cause numéro un des sinistres.
  2. La chauffe au soleil. Une lame composite foncée devient brûlante en plein été, nettement plus qu’un bois clair. Pour une plage de piscine ou une terrasse plein sud, prenez une teinte claire, ou vous ne marcherez pas dessus pieds nus en juillet.
  3. Ce n’est pas rénovable. Un bois rayé, taché ou fatigué se ponce et se remet à neuf. Une lame composite rayée reste rayée : la seule réparation est le remplacement de la lame — d’où l’intérêt d’en garder quelques-unes en stock, et de noter la référence exacte.
  4. Le « sans entretien » est relatif. En zone humide et ombragée, un voile vert et de la mousse s’installent comme sur n’importe quelle surface extérieure. Ça se brosse, mais ça revient.

Un point technique enfin : le composite n’est pas un matériau porteur. Il repose obligatoirement sur une structure de lambourdes correctement entraxée — souvent en aluminium — posée sur des plots. La qualité de cette structure décide de la durée de vie de l’ensemble, bien plus que la marque des lames.

La vraie question : et en fin de vie ?

On lit très souvent qu’une lame composite est « 100 % recyclable ». C’est vrai sur le papier, et trompeur en pratique. Recyclable ne veut pas dire recyclé.

Un composite est par définition un mélange intime de deux matières qu’on ne sait pas séparer simplement. Les fabricants réintègrent leurs propres chutes de production — c’est un circuit interne et vertueux, mais ce n’est pas la même chose que recycler une terrasse déposée vingt ans plus tard. Il n’existe pas, à ce jour, de filière de collecte grand public pour les lames composites en fin de vie : concrètement, une terrasse démontée part en déchèterie et finit incinérée avec les encombrants.

À l’inverse, une lame de bois massif en fin de vie se brûle proprement, se broie en paillage ou se réutilise. C’est un avantage qu’on n’accorde jamais au bois dans les comparatifs, parce qu’il ne se voit qu’au bout de vingt ans.

Alors, bon ou mauvais choix ?

Tout dépend de la comparaison. Notre position, la même que dans notre guide du jardin écologique :

  • Face à un bois exotique importé (ipé, teck, cumaru), le composite gagne assez largement : pas de forêt tropicale, pas de transport intercontinental, matière première recyclée.
  • Face à un bois résineux traité autoclave, c’est à peu près à égalité : plus de durée de vie et pas de traitement chimique d’un côté, une matière plastique de l’autre.
  • Face à un bois local naturellement durable — douglas, mélèze, châtaignier, et surtout robinier (faux-acacia), naturellement classe 4 et cultivé en France —, le composite perd. Le bois local est renouvelable, réparable, ponçable, et ne pose aucun problème en fin de vie.

Autrement dit : le composite est un excellent choix technique pour qui ne veut aucun entretien et aucune écharde, et un choix écologique honorable mais pas optimal. Le robinier reste l’option la plus vertueuse, et personne n’en parle parce que personne ne le vend en grande surface de bricolage.

clôture en lames de bois composite

Les trois usages : terrasse, clôture, bardage

La terrasse

C’est l’usage historique et celui qui a fait le succès du matériau. Surface antidérapante, large choix de coloris, pas de gerçure ni d’écharde, pose sur clips. Les deux points de vigilance déjà cités s’appliquent surtout ici : jeux de dilatation, et teinte claire si l’exposition est forte.

La clôture

Le composite y est particulièrement à l’aise : une clôture ne se ponce jamais et un simple rinçage annuel suffit. Les lames imitant l’ipé ou le teck permettent d’obtenir l’aspect des bois exotiques sans en payer ni le prix ni le coût environnemental. Le brise-vue composite occulte durablement là où une haie demande de la taille et du temps.

Le bardage

C’est l’usage qui progresse le plus, porté par les chantiers de rénovation de façade. Attention à une confusion très répandue, y compris dans notre propre version précédente de cet article : un bardage n’isole pas. Il habille et protège la façade. L’isolation vient de l’isolant posé derrière lui, dans le cadre d’une isolation par l’extérieur — le bardage n’en est que le parement. C’est un excellent parement, durable et sans entretien, mais la performance thermique se joue derrière. Nous détaillons l’ordre des priorités dans notre guide de l’isolation.

Combien ça coûte

Le prix varie surtout selon le procédé — un monoextrudé est nettement plus abordable qu’un coextrudé — et selon que la lame est alvéolaire ou pleine. Ordres de grandeur pour la fourniture, hors pose et hors structure :

  • Terrasse composite : environ 40 à 110 € le mètre carré
  • Clôture composite : environ 140 à 220 € le mètre linéaire
  • Bardage composite : environ 80 à 160 € le mètre carré

À budgéter en plus, et ce n’est pas anecdotique : les lambourdes, plots et clips, qui représentent souvent 30 à 40 % du coût total d’une terrasse. Un devis qui ne chiffre que les lames n’est pas un devis.

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