|

Planter des arbres depuis son canapé : Ecosia, EcoTree, Reforest’Action, ce que ça fait vraiment

Page en partie vécue

Nous avons un compte EcoTree (10 arbres) et utilisons Ecosia de temps en temps. Nous n’avons pas utilisé Reforest’Action. Aucun de ces services ne nous rémunère, et nous ne pouvons pas vérifier sur le terrain les arbres qu’ils annoncent. Mise à jour en octobre 2026.

Mis à jour le 30 octobre 2026 : voir ce qui a changé
  • 30 octobre 2026 : chiffres de 2019 remplacés (déforestation FAO 2025, compteurs actuels des plateformes) ; notre expérience réelle avec EcoTree et Ecosia ; retrait de la promesse de reverser 10 % du chiffre d’affaires du site ; retrait d’affirmations sans source (oxygène pour 2 personnes, 7 000 particules par litre, rendement de 2 %, biodiversité « 30 fois » plus riche) ; ajout des limites de la plantation d’arbres.

Selon la FAO, environ 10,9 millions d’hectares de forêt ont été défrichés chaque année dans le monde entre 2015 et 2025, l’équivalent de la surface du Portugal plus d’une fois. C’est moins que dans les années 1990 (17,6 millions d’hectares par an), mais ça reste énorme.

Depuis son canapé, on peut financer des arbres de plusieurs façons. Voici trois services français ou européens connus, ce qu’ils font vraiment, ce qu’on en a fait chez nous, et leurs limites.

Pourquoi les arbres comptent

  • Le carbone : en grandissant, une forêt stocke du carbone dans le bois et les sols. Mais ce puits est fragile : en France, il a été divisé par deux en une dizaine d’années, sous l’effet des sécheresses, des scolytes et des incendies.
  • Les sols et l’eau : les racines retiennent la terre, limitent l’érosion et aident l’eau à s’infiltrer.
  • La biodiversité : une étude britannique de 2019 a recensé plus de 2 300 espèces (insectes, champignons, lichens, oiseaux…) associées aux chênes au Royaume-Uni.
  • En ville : ombre et fraîcheur, comme on l’explique dans notre page sur les arbres en ville.

Un point avant de commencer : planter des arbres ne « compense » pas nos émissions. Un arbre met des décennies à stocker ce qu’on émet en quelques jours, et il peut mourir, brûler ou être coupé. Ces services sont un complément utile, pas un permis de polluer.

1. Ecosia : changer de moteur de recherche

Le principe. Ecosia est un moteur de recherche allemand financé par la publicité, comme les autres. La différence : l’entreprise consacre ses bénéfices à des projets pour le climat, d’abord la plantation d’arbres, et ses fondateurs ont renoncé à la vendre ou à en tirer des profits. Elle annonce avoir dépassé 250 millions d’arbres financés en 2026, et publie des rapports financiers mensuels.

À savoir. Ce ne sont pas tes recherches qui financent les arbres, mais les clics sur les annonces. Les résultats viennent en grande partie de Bing (et d’un index européen développé avec Qwant) : ils sont corrects pour l’essentiel, parfois moins pertinents que Google pour des recherches pointues. Côté vie privée, Ecosia dit ne pas construire de profil publicitaire, mais transmet certaines requêtes à ses partenaires.

Chez nous. On l’utilise, mais pas tout le temps : pour les recherches pointues, on revient souvent sur Google. C’est le geste le plus simple de cette page : deux minutes pour le mettre par défaut sur ton navigateur ou ton téléphone, sur ecosia.org.

2. EcoTree : devenir propriétaire d’arbres en France

Le principe. Tu achètes des arbres, à partir d’une vingtaine d’euros pièce, dans des forêts françaises dont EcoTree possède le sol et assure la gestion. Quand les arbres sont coupés et vendus, des décennies plus tard, tu touches le produit de la vente du bois. EcoTree est enregistré auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour cette offre.

Le rendement, honnêtement. C’est un placement très long et incertain. Dans un exemple cité par Que Choisir, un chêne sessile acheté 19 € donnerait, selon l’entreprise, un gain brut espéré d’environ 66 € au bout de 65 ans, soit autour de 2 % par an avant frais, sans garantie. Tempêtes, sécheresses, scolytes, incendies ou difficultés de l’entreprise peuvent changer la donne, et l’argent est immobilisé. C’est plutôt un soutien à la forêt française qu’un placement.

Chez nous. On a un compte EcoTree avec 10 arbres : six douglas, deux pins laricio, un chêne sessile et un thuya, répartis dans sept forêts françaises (Gioux, Luthenay, Palotas, Châtelain, Pont de Buis, Ploërdut et Sarran). Le tableau de bord estime qu’ils ont absorbé entre 1 et 1,9 tonne de CO₂ jusqu’ici, et 4,7 à 9,4 tonnes sur toute leur vie. Ce sont des estimations de la plateforme, pas des mesures. On avait mis en place un achat régulier, puis on a arrêté ; on reprendra peut-être. Honnêtement, on avait un peu oublié ce compte : c’est aussi ça, un placement à 50 ans.

Notre avis. Intéressant pour soutenir une gestion forestière en France et pour offrir un arbre en cadeau. Regarde les essences : beaucoup d’arbres proposés sont des résineux de production (douglas notamment), une sylviculture classique plutôt qu’une forêt « sauvage ». Le site : ecotree.green.

3. Reforest’Action : financer des plantations

Le principe. Entreprise française créée en 2010 et certifiée B Corp, Reforest’Action finance des projets de plantation et de restauration forestière en France et à l’étranger. Pour un particulier, un arbre coûte quelques euros, à l’unité, en cadeau ou par abonnement. La plateforme annonce plusieurs dizaines de millions d’arbres plantés depuis sa création. Tu ne deviens pas propriétaire : c’est un don à un projet.

Les limites. L’essentiel de son activité vient des entreprises, parfois accusées de s’offrir une image verte à bon compte ; Reforest’Action répond qu’elle garantit les plantations, pas le comportement de ses clients. Comme pour tous ces services, le vrai enjeu est la survie des arbres à 5 ou 10 ans, plus que le nombre planté. Nous ne l’avons pas utilisé. Le site : reforestaction.com.

Et les micro-forêts Miyawaki ? Reforest’Action et d’autres en plantent en ville : des centaines de jeunes arbres très serrés sur une petite surface. Elles poussent vite et créent des îlots de fraîcheur, mais les promesses de croissance « dix fois plus rapide » ou de biodiversité « trente fois plus riche » ne sont pas confirmées par la recherche, et une partie des plants meurt par concurrence.

Les bonnes questions avant de payer pour un arbre

  • Où et quoi ? Des essences adaptées au lieu, plutôt qu’une monoculture.
  • Qui entretient, et combien de temps ? Un arbre planté puis abandonné meurt souvent.
  • Quel suivi ? Des taux de survie publiés valent mieux qu’un compteur d’arbres plantés.
  • Planter ou protéger ? Préserver une forêt existante est souvent plus efficace que d’en planter une nouvelle : un vieil arbre stocke bien plus qu’un jeune plant.

Récap : par où commencer

  1. Gratuit, 2 minutes : mettre Ecosia par défaut, au moins pour les recherches courantes.
  2. Quelques euros : offrir un arbre plutôt qu’un objet pour un anniversaire.
  3. Sur le long terme : quelques arbres sur EcoTree si l’idée d’une forêt française gérée te parle, sans en attendre un rendement.
  4. Le plus utile : réduire d’abord tes propres émissions. Les arbres viennent en plus.

Tu utilises un de ces services, ou un autre ? Ton retour nous intéresse en commentaire.

Publications similaires