Synthèse de sources publiques : données de l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, répertoire RNCP, code du travail pour l’apprentissage. Ni expérience personnelle, ni recommandation d’organisme de formation. Mise à jour en septembre 2026.
Vouloir « travailler dans l’environnement » est une intention respectable, mais c’est une formulation qui ne dit presque rien du marché du travail réel. Avant de choisir une formation, et surtout avant d’en payer une, il faut savoir où sont les emplois. La réponse surprend souvent : ils ne sont pas là où l’on croit.
Métiers verts et métiers verdissants : un rapport de 1 à 27
Les statistiques publiques distinguent deux catégories, et cette distinction est la chose la plus utile à comprendre avant de s’orienter.
- Les métiers verts ont pour finalité directe de mesurer, prévenir, corriger ou réparer les atteintes à l’environnement. Technicien de traitement des déchets, agent d’assainissement, garde-nature, ingénieur en énergies renouvelables.
- Les métiers verdissants sont des métiers classiques dont le contenu évolue pour intégrer des exigences environnementales. Un conducteur de travaux, un logisticien, un acheteur, un agriculteur.
Les chiffres du service statistique du ministère de la Transition écologique donnent, pour 2020, 140 000 professionnels sur un métier vert et 3,8 millions sur un métier verdissant. Autrement dit, pour un poste strictement « vert », il existe environ vingt-sept postes verdissants. Rapportés à l’ensemble de la population active française, les métiers verts représentent environ un demi pour cent des emplois.
La conséquence est contre-intuitive et rarement dite aux lycéens : la transition écologique se joue beaucoup plus dans le verdissement des métiers existants que dans la création de métiers dédiés. Un ingénieur du bâtiment qui maîtrise la rénovation thermique pèse davantage sur les émissions du pays qu’un poste de chargé de communication RSE. Viser un métier classique et le verdir est souvent une stratégie plus solide, et beaucoup moins concurrentielle, que viser directement un intitulé qui contient le mot « durable ».

Où sont réellement les emplois
La répartition sectorielle est encore plus parlante que les volumes, et elle contredit franchement l’imaginaire associé à ces métiers.
| Métiers verts (140 000 personnes) | Part |
|---|---|
| Production et distribution d’énergie et d’eau | 41 % |
| Traitement des déchets et assainissement | 36 % |
| Protection de la nature et de l’environnement | 23 % |
Plus des trois quarts des métiers verts sont donc dans l’eau, l’énergie et les déchets. Ce sont des métiers d’exploitation, largement techniques, souvent accessibles à bac +2 ou +3, et très éloignés de l’image du chargé de mission développement durable.
| Métiers verdissants (3,8 millions de personnes) | Part |
|---|---|
| Bâtiment | 37 % |
| Transports | 20 % |
| Industrie | 20 % |
| Recherche et développement | 9 % |
| Agriculture et sylviculture | 6 % |
| Tourisme et loisirs | 6 % |
| Achats | 3 % |
Point encourageant pour ceux qui s’engagent dans cette voie : sur l’ensemble de ces métiers, les offres d’emploi représentent 17,5 % du marché alors que les demandes n’en représentent que 14,1 %. Il y a donc davantage de postes proposés que de candidats positionnés, avec des tensions de recrutement particulièrement fortes dans le bâtiment et les transports.
Les grandes voies de formation
Nous ne donnons pas ici une liste d’écoles. Ces listes vieillissent très mal, les établissements privés changent de nom, fusionnent ou disparaissent, et l’exercice utile n’est pas de choisir un nom mais de comprendre les quatre familles de parcours.
- La voie technique publique : BTS (gestion et protection de la nature, métiers de l’eau, environnement nucléaire), BUT, licences professionnelles. Frais d’inscription universitaires de quelques centaines d’euros par an. C’est la voie qui débouche le plus directement sur les 77 % de métiers verts situés dans l’eau, l’énergie et les déchets.
- La voie ingénieur : écoles publiques et écoles d’agronomie, avec un diplôme d’ingénieur habilité par la Commission des titres d’ingénieur. C’est le titre le plus lisible et le plus portable du système français.
- La voie universitaire : licence puis master en sciences de l’environnement, écologie, droit de l’environnement, économie de l’énergie. Diplôme national, reconnu partout, coût très faible.
- La voie école de commerce et management : bachelors et mastères orientés RSE, développement durable, management de la transition. Ces formations sont majoritairement privées et payantes, et c’est là que la vigilance est la plus nécessaire.
Vérifier un diplôme avant de payer
C’est la partie que les brochures ne détaillent jamais, et c’est celle qui engage plusieurs dizaines de milliers d’euros. La mention « diplôme reconnu par l’État » recouvre des réalités très différentes, et elle est employée par tout le monde.
- Un diplôme national (licence, master, diplôme d’ingénieur habilité) est délivré au nom de l’État. C’est le niveau de garantie le plus élevé.
- Un titre RNCP est une certification professionnelle enregistrée au Répertoire national. Ce n’est pas un diplôme national. Il est valable et reconnu par les employeurs, mais il est enregistré pour une durée limitée, par un organisme certificateur qui n’est pas toujours l’école elle-même.
- Le point le plus important, et le moins connu : l’intitulé du titre RNCP obtenu n’est pas forcément celui de la formation suivie. On peut suivre un cursus intitulé « management du développement durable » et obtenir un titre officiellement libellé « manager commercial et marketing ». C’est légal et courant, mais c’est ce libellé-là qui figurera sur le certificat.
- Qualiopi n’est pas un label de qualité du diplôme. C’est une certification du processus de formation, obligatoire pour accéder aux financements publics. Elle ne dit rien du niveau du titre délivré.
La vérification prend cinq minutes et elle est gratuite : cherchez l’intitulé exact du titre sur le site officiel du Répertoire national des certifications professionnelles, et regardez trois choses. Le niveau (6 pour bac +3, 7 pour bac +5), l’organisme certificateur, et la date de fin d’enregistrement. Un titre dont l’enregistrement expire pendant votre scolarité est un risque réel.
La question du coût, et la solution qui l’annule
Les frais de scolarité des écoles privées sont rarement affichés en clair sur les pages de présentation. Demandez systématiquement, par écrit : le montant annuel pour chacune des années du cursus, les frais de dossier et de concours, le coût des semestres à l’étranger, et ce qui reste à charge en cas de redoublement.
Il existe une réponse simple à ce problème, et elle est trop peu utilisée : en contrat d’apprentissage, la formation est gratuite pour l’apprenti. Le code du travail l’impose, et c’est l’opérateur de compétences de l’entreprise qui finance la scolarité. Vous êtes salarié, vous êtes rémunéré, et vous sortez avec deux ou trois ans d’expérience professionnelle réelle plutôt qu’avec un emprunt. Dans un secteur où les recruteurs valorisent l’expérience de terrain, c’est un avantage difficile à surestimer. La question à poser à toute école n’est donc pas « combien coûtez-vous » mais « votre cursus est-il ouvert à l’apprentissage, et à partir de quelle année ».

Deux établissements du secteur
L’ESI Business School
Située à Boulogne-Billancourt, l’ESI Business School est une école de commerce privée spécialisée sur le management du développement durable, de l’impact social et du digital. Elle propose un cycle bachelor et un cycle mastère, accessibles à temps plein ou en alternance, et met en avant des intervenants issus du secteur ainsi que des partenariats universitaires à l’étranger. Le détail des cursus figure sur sa page programme grande école.
Appliquons-lui la méthode décrite plus haut, avec les informations que l’école publie elle-même sur sa page consacrée à ses certifications. L’école délivre deux titres RNCP : un titre « Responsable du développement » de niveau 6, enregistré en juillet 2022, certificateur Formatives ; et un titre « Manager commercial et marketing » de niveau 7, enregistré en janvier 2021, certificateur Educsup. L’école est par ailleurs certifiée Qualiopi. Ce sont des titres professionnels valides, ce ne sont pas des diplômes nationaux, et leurs libellés diffèrent de l’intitulé commercial des cursus. C’est exactement le cas de figure que nous décrivions : ce n’est ni un défaut caché ni une garantie de plus, c’est une information que le candidat doit avoir avant de s’engager.
L’ESA, École supérieure des agricultures
Basée à Angers et à Paris, l’ESA forme depuis plus d’un siècle aux métiers de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’environnement. Elle délivre notamment un diplôme d’ingénieur en cinq ans, ainsi que des BTS, des licences professionnelles et des masters, en présentiel, en alternance ou à distance. C’est un profil très différent du précédent, avec un titre d’ingénieur qui relève du diplôme habilité.
Pour qui ce n’est pas la bonne voie
Trois cas où il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de s’engager dans une formation dédiée à l’environnement.
- Si vous visez un poste RSE en entreprise sans autre compétence. Ces postes existent mais ils sont peu nombreux, très demandés, et souvent confiés à des profils qui ont d’abord fait leurs preuves dans un métier opérationnel de l’entreprise. Une double compétence vaut mieux qu’une spécialisation isolée.
- Si vous fuyez les matières scientifiques. Les trois quarts des métiers verts sont techniques. Eau, énergie, déchets, cela veut dire chimie, hydraulique, procédés, réglementation. Une formation de management ne mène pas à ces postes.
- Si le budget vous mettrait en difficulté. Il existe des voies publiques à quelques centaines d’euros par an vers exactement les mêmes secteurs, et l’apprentissage permet de ne rien payer du tout. S’endetter n’est pas un passage obligé.
Questions fréquentes
Faut-il un bac scientifique pour travailler dans l’environnement ?
Non, mais cela dépend beaucoup du métier visé. Les postes d’exploitation dans l’eau, l’énergie et les déchets, qui représentent la grande majorité des emplois verts, sont plus accessibles avec un profil scientifique ou technique. Les métiers juridiques, économiques, de management et de communication liés à l’environnement s’ouvrent à d’autres profils, mais ils sont moins nombreux et plus concurrentiels.
Un titre RNCP vaut-il un master ?
Sur le marché du travail français, un titre RNCP de niveau 7 est reconnu comme un niveau bac +5. Ce n’est en revanche pas un diplôme national, ce qui peut compter pour poursuivre en doctorat, passer certains concours de la fonction publique, ou faire reconnaître son niveau à l’étranger. Si l’un de ces trois cas vous concerne, vérifiez avant de vous inscrire.
Peut-on se reconvertir vers un métier de l’environnement ?
Oui, et c’est même souvent le chemin le plus efficace, précisément à cause du rapport de 1 à 27 entre métiers verts et verdissants. Ajouter une compétence environnementale à un métier que vous exercez déjà vous rend immédiatement utile, alors que repartir de zéro sur un métier vert vous met en concurrence avec des jeunes diplômés spécialisés. La validation des acquis de l’expérience et les formations courtes financées par le compte personnel de formation sont les leviers à regarder en premier.
Les métiers de l’environnement recrutent-ils vraiment ?
Oui, avec un marché plutôt favorable aux candidats : 17,5 % des offres pour 14,1 % des demandes. Mais l’essentiel de ces besoins se situe dans le bâtiment, les transports et l’industrie, pas dans les fonctions de conseil et de stratégie environnementale, qui restent un marché étroit.
Si votre motivation est d’agir plutôt que d’obtenir un intitulé de poste, sachez que l’essentiel des leviers ne passe pas par un diplôme. Nous en avons rassemblé une partie dans notre article sur les gestes simples et concrets, et sur les outils juridiques pour protéger l’environnement.
Sources
- Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte : 140 000 professionnels sur un métier vert et 3,8 millions sur un métier verdissant en 2020, répartition sectorielle, 17,5 % des offres pour 14,1 % des demandes.
- Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, métiers verts et verdissants.
- ESI Business School, page certifications : titres RNCP de niveau 6 et 7, organismes certificateurs, certification Qualiopi.
- ESA, École supérieure des agricultures, Angers et Paris.
- Code du travail, article L6211-1 : la formation est gratuite pour l’apprenti.



